BRIAN O'LEARY faisait également un constat très intéressant à propos de la NASA.
À savoir que les astronautes se recrutent dans deux milieux différents : celui des pilotes d'essai et celui des hommes de science.
Par contre il devait se rendre à l'évidence. Seuls les pilotes ont fait des voyages dans l'espace et seuls les pilotes se trouvent sur les listes de départ pour les futurs vols Apollo (livre écrit en 1970).
Photo-source : Archives personnelles (O'LEARY sortant d'une capsule expérimentale)
De plus, les pilotes dirigeaient le bureau des astronautes; son patron et le patron de son patron étaient pilotes d'essai.
Et alors que les hommes de sciences doivent passer toute une année dans une école de vol, le pilote d'essai n'a qu'une formation scientifique très sommaire.
Au moment d'écrire son livre, en 1970, O'LEARY remarquait très justement le fait que il n'y avait eu que des pilotes dans les vols spatiaux habités jusqu'ici.
Il relève des « insuffisances importantes » réalisées par ces non scientifiques.
Lorsque BILL ANDERS à bord du vol APOLLO 8 indiquait que la Terre, vue de la Lune, était huit fois plus brillante que la Lune vue de la Terre elle était en réalité de 24 fois plus brillante.
ANDERS continuait en parlant de lumière diffuse au sujet des propriétés de réflexion de la Lune et de lumière spectrale à propos de celle de la Terre.
Il s'agit en fait non de lumière spectrale mais de réflexion spéculaire.
À se demander s'il a vraiment vu ce qu'il dit avoir vu.
O'LEARY parle également des quantités énormes de photographies prises à des intervalles peu fréquents.
Il se demande pourquoi ils ont pris une quantité de photographies de la Terre « fort peu différentes et de peu d'intérêt » alors qu'ils avaient « la possibilité d'enregistrer des images de mille sites, à l'aide des HASSELBLAD (caméras) qu'ils manipulaient ». Mais les astronautes préféraient parler du paysage lunaire comme étant « nu, hostile et semblable à une plage de sable gris ».
Cependant, la pire des erreurs commises est sans doute l'emploi des filtres bleu, vert et rouge, utilisés à contretemps pour la photo couleur et non pour la prise de vue en noir et blanc. Le résultat malheureux d'une telle méprise se voit sur les images où la Lune baigne dans un bleu ou un rouge irréel, tandis que l'on n'a pas de cliché en noir et blanc, représentant un intérêt scientifique pour les chercheurs qui ont conçu ces filtres en fonction des études qu'ils voulaient mener à partir des documents scientifiques.
À se demander si ce n'était pas fait volontairement.
Les cérémonies et les gambades sur le sol lunaire lors de APOLLO11 ont rogné du temps prévu pour les expériences scientifiques.
Tellement qu'un savant de la NASA téléphona au directeur de la mission afin qu'ARMSTRONG et ALDRIN se mettent sérieusement à la collecte de roches.
O'LEARY fait remarquer que les roches lunaires ramenées n'étaient pas « documentées », que rien n'indiquait leur provenance, ni dans quel type de sol.
Il ajoute « ...on n'a recueilli aucune de ces roches vernissées, étranges, qui effleurent légèrement à la surface du sol lunaire et que nous découvrions sur certains clichés photographiques. On n'a pas utilisé la caméra convenable pour photographier les empruntes de pas, d'où un intérêt moindre du document, un temps précieux perdu à la mise au point de l'objectif et une pose trop courte pour la photo stéréoscopique... ».
Que dire des astronautes d'APOLLO 12 qui « ont braqué par inadvertance leur caméra sur le soleil ».
L'auteur de ces lignes se souvient très bien de la frustration vécue au moment où cette transmission « lunaire » a été interrompue.
Également, ils ont « oublié » sur la Lune une cassette de film.
Les roches lunaires n'ont pas encore été « documentées » et les savants ont du se creuser la tête afin d'en déterminer la provenance.
Nouvel « oubli » des roches vernissées, cette fois photographiées mais de trop loin et surtout pas photographiées en détails tel que prévu.
À un moment donné, PETE CONRAD et ALAN BEAN s'amusèrent à se lancer le capot de protection d'un instrument scientifique.
Ravis, ils s'exclamèrent dans leurs micros que l'objet frottait dans « l'air » lunaire.
En fait ce n'est pas dû à de l'air mais bien à la gravité qui set six fois moindre sur le satellite.
O'LEARY se demande vraiment pourquoi il n'y a aucun astronaute « scientifique » dans de tels vols spatiaux qui eux, n'auraient pas commis ces erreurs simplistes.
L'une des raisons évoquées afin que l'homme « ne retourne pas sur la Lune » a été très longtemps que le public jugeait les coûts de ces vols trop onéreux.
BRIAN O'LEARY fait pourtant remarquer, en 1970, que « l'espace ne coûte pas plus cher que les combats que l'on mène au Vietnam pendant les six mois passés par les diplomates à discuter de la forme de la table de négociation (...) il représente moins de 5% du budget annuel de la Défense nationale."
La conclusion de son livre est que la NASA devrait utiliser plus de sondes automatiques afin de ramener et d'analyser plus de roches lunaires, afin d'étudier les « tremblements de Lune », d'étudier les écarts de températures, d'y installer un observatoire astronomique, etc....
Mais au fonds, il se pose peut-être la question qui me hante depuis tant d'années :
Pourquoi ne peuvent-ils pas retourner sur la Lune au lieu de tourner autour de la Terre...